Deux par deux sur les séries décimales

Ainsi que nous l’avons vu dans l’étude de la numérologie du Tarot (voir p. 44-45), le duo Le Mat-Le Monde encadre dix degrés où se déploient deux séries décimales (…). On pourrait dire que chaque carte d’un cycle est l’ombre de l’autre : si dans une lecture du Tarot, on tire du paquet l’Impératrice (III), son ombre sera l’Arcane XIII, et vice versa. (…) Cela signifie qu’au-delà de leurs apparentes différences, les Arcanes qui forment ces duos entretiennent une relation de dépendance mutuelle, chacun nourrissant l’autre de son apparente opposition et lui permettant de se déployer dans toute sa force. Au cours de la lecture, il sera utile de garder en mémoire le fait que ces paires numérologiques ont un lien profond entre elles. Par exemple, lorsqu’une des deux cartes du duo a déjà été choisie, on peut consulter l’autre, non pour la contredire, mais pour lui faire écho, voire répéter et renforcer son sens.

Les deux séries décimales, rappelons-le, comportent chacune dix degrés où chaque Arcane symbolise une étape vers la totalité.

La première série (I à X) représente essentiellement des personnages humains en plein travail pour s’élever vers le monde spirituel. Ces figures correspondent à des énergies, des possibilités de vie concrètes, manifestées, plus évidentes à relier à la vie quotidienne. On pourrait dire que c’est une série où la matière tend à se spiritualiser.

Dans la seconde (XI à XX), des êtres surnaturels ou des archétypes entreprennent le chemin vers les profondeurs. On pourrait dire que, dans cette série, l’esprit tend à se matérialiser. Ces Arcanes correspondent à des forces très actives en nous mais qui échappent parfois à la définition, qui sortent de nos préoccupations quotidiennes.

On pourrait dire que les Arcanes du premier cycle relèvent de la vie consciente, et ceux du second cycle, de l’inconscient.

Nous allons voir comment, dans ces duos, les Arcanes interagissent et collaborent, traçant leurs chemins parallèles vers les hauteurs et vers les profondeurs, et comment chacun représente l’ombre et la lumière de l’autre, inextricablement, de telle sorte que leur oeuvre s’entremêle et se complète. L’énergie de l’une est nécessaire à l’autre pour se manifester.

[source : La Voie du Tarot, p. 381-382]

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